Google
 
Web www.rodbarthet.com

SAN FRANCISCO

A l'age de 20 ans  :

Je décide d'aller avec mon groupe à San Francisco, pour voir jouer les musiciens américains, dans leurs pays. J'avais un copain d'enfance, Pascal Faivre qui était là bas et qui pouvait nous loger. ( il y est toujours ).

Avant cela je fais avec mes collègues une petite tournée des bars du sud de la France , pour me faire un peu d'argent de poche, en plus de mes économies. Je suis parti avec 1500 euro en poche pour 3 mois, autant dire presque rien.

Me voilà débarqués à San Francisco. La première chose que je fais, c'est : aller manger un plat de Haricots rouges oignons et steak émincé, avec une boisson à la fraise, melon ou banane fraîche au choix,dans un restaurant Mexicain sur Mission ST & la 16 ème rue.

Après cela, direction Haight/Ashbury , la fameuse rue ou le mouvement hippy a commencé dans les années 1970 .Première impression ils sont toujours la et plus que jamais. Il y en a plein la rue avec des cheveux longs des habits multicolores et des lunettes rondes, violettes, roses ou bleus. Une ambiance très cool c'est le cas de le dire se dégage dans l'air, je me sentais très bien. D'autant que c'est l'été indien, il fait environ 27° sous le soleil de la Californie.

Après cela je vais débarquer mes valises, chez Pascal, pour me reposer. Les jours qui suivent c'est la quête d'un appartement, car j'ai décidé de rester 3 mois. Je pars habiter chez Gwendoline sur South Van Ness,où nous étions 5 colocataires tous Américains j'étais le seul Français.
Le batteur & le bassite prennent un studio pour eux deux.

Nous voilà donc installés.

À partir de maintenant pratiquement tous les soirs, je suis dehors dans chaque club de musique live pour voir des groupes jouer, et dans la plupart du temps jamer avec eux. Je rentre tous le temps en bus, la nuit à 3 ou 4 heures du matin à San Francisco c'est pas triste, il m'est arrivé de rencontrer des types pas recommandables, le genre ou l'on a envie de passer son chemin le plus vite possible, car on sent bien qu'ils sont vraiment atteints et qu'ils seraient capables de faire n'importe quoi.

J'avais repéré tous les clubs qui proposaient des jam-sessions. Je participais à tous sans exception, que se soit situé sur North Beach, la Marina , Down Town, et même à Berkeley. Ce qui frappe d'entrée, c'est le niveau très élevé des musiciens qui y participent. Le moindre type qui vient se détendre après le boulot, et dont la guitare et le chant représente un divertissement sans autres prétentions, est un excellent musicien . Alors je vous laisse imaginer le niveau des autres. Ce qui frappe aussi c'est l'attitude des musiciens, ils n'ont pas du tout ce que l'on pourrait appeler « la grosse tête » il nous a été très facile de jamer avec tous les musiciens dans les clubs.

 

John Lee Hooker

J'avais l'habitude d'aller jamer sur Fillmore & Lombard street et de distribuer notre k7 démo a qui la voulait bien. Un samedi soir nous en avons donner une à Amy Johnson qui était l'attachée de presse de John Lee Hooker, qui nous a dit vouloir la donné a John Lee Hooker pour qu'il écoute. Nous ne l'avions bien sûr pas prise au sérieux, nous lui avons répondu : OK, donnez lui la k7.

Une semaine après le téléphone sonne. C'était Jim Guyett le bassite de John Lee Hooker que nous avions rencontré auparavant et avec qui nous avions sympathisé. Il dit : « Il y a une personne avec moi qui désirerait vous parler, je vous la passe. » C'était John Lee Hooker en personne, qui venait d'écouter notre démo, il dit « i really like your music » stupéfaction, nous n'en croyions pas nos oreilles et dans la foulée, nous demande, si nous aimerions faire sa première partie, d'un de ses prochains concerts. Ce que nous avons accepté sur le champ. Voilà comment je me suis retrouvé a jouer en concert d'ouverture pour John Lee Hooker.

Entre temps j'ai continué de jamer et faire des concerts, je dois le dire il n'y avait pas toujours foule, mais que de plaisir. Je suis allé voir plusieurs concerts notamment « Johnny Winter » qui m'a fait grande impression, un vrai maître de la guitare slide. Je dois aussi dire que le concert d’Albert COLLINS durant le San Fransico blues Festival fut terrible un grand moment. Albert COLLINS avait une puissance et une présence scénique incroyable.

Un soir Amy m'appelle pour me dire que John Lee, lui avait prêté une de ses voitures avec chauffeur pour la soirée. Elle me dit : « Si tu n'as rien de prévu, je passe te prendre pour aller voir un ou deux concerts ».Me voilà donc assis derrière dans une voiture Japonaise dernier cri, avec devant L'attachée de presse de John Lee Hooker et son chauffeur, dans les rues de San Francisco. Nous nous somme arrêtés dans plusieurs clubs pour voir des groupes de musique jouer et boire une ou deux bières, pendant ce temps là le chauffeur nous attendait dans la voiture. Je me rappelle Amy, demandant au chauffeur de mettre le CD « Family Style » des VaughanBrothers ( Stevie Ray Vaughan & Jimmie Vaughan ) dans l'auto radio. C'était vraiment une belle soirée, les groupes étaient tous aussi bons les uns que les autres.

L'année suivante, je suis retourné à San Francisco. Mon copain Pascal et moi furent invités,chez John Lee Hooker, à Redwood city « petite ville très sécurisée au sud San Francisco ». Nous avions amené une bouteille de champagne Français, mais vu son grand âge, il nous a dit qu'il ne buvait plus d'alcool.

Quand nous sommes arrivé il faisait très beau, une vieille Cadillac était dehors ainsi qu'une grande limousine noire « sa limousine personnelle » ainsi que la fameuse voiture coupée sport japonaise « Honda » que j'aireconnu tout de suite, celle là même qu'il avait prêté avec son chauffeur l'année précédente.

Il nous a fait visiter sa maison, ou se trouvait une salle musique toute équipée, batterie, ampli guitare & basse, ainsi qu'un piano le tout prêt à l'emploi. C'est dans cette salle qu'il faisait le jam avec : Carlos Santana, Keith Richards et bien d'autres m'a t'il expliqué.

Sur la cheminée trônaient deux Grammy Awards en récompense de ses disques précédents. Son cuisinier, était en train de cuisiner du riz, et son Chien nommé Boogie , gambadait dans la maison, un chien Berger Allemand qu'il avait acheté à la S.P.A

John Lee Hooker, nous a reçus dans sa chambre ou était installée une grande télé. Le téléphone n'arrêtait pas de sonner c'était Amy son attachée de presse qui répondait.

John Lee lui demanda : « qui c'est » Amy : Mr Untel….
John Lee : « dit lui que je ne suis pas là »
Amy : « c'est la fille blonde de l'autre jour a qui tu à donné ton numéro de téléphone. »
John Lee : « A oui, passe-là moi tout de suite »

Et ainsi de suite...

Je l'ai traversé des dizaines de fois pour allez a Cotati,ou San Rafael pour l'enregistrement de l'album Changer l'Horizon et Mr Alligator.

Nous avons discuté pendant 1heure et demi, du Blues des Hommes et de la vie, il se souvenait très bien avoir joué à Besançon 20 ans en arrière, Il m'a aussi demandé si il pouvait faire quelque chose pour moi, si j'avais une maison de disques. Il voulait appeler la sienne pour me recommander, j‘ai refusé, je ne sais pas pourquoi, mais c'est ainsi.

Je peux dire que cet homme était très généreux et pas du tout star, dans le sens star inaccessible. Je pense que toute personne qui serait allée le voir avec de bonnes intentions se serait vu invitée chez lui. John Lee Hooker s'est éteint dans son sommeil en douceur le 21 juin 2002. Un ami « Tommy Castro » qui la côtoyé une semaine avant m'a dit qu'il était bien et qu'il plaisentait, jusqu'à son dernier jour.

C'était vraiment un très grand Monsieur.

Je retiens de cette expérience, une grande leçon d'humanité.

 

© 2009